L'économétrie spatiale : quand la géographie influence l'économie
Mots-clés :
Econométrie spatiale, dépendance spatiale, matrices de poids spatiaux, autocorrélation spatiale, économie régionale, spillovers technologiquesRésumé
Cet article propose une revue des fondements théoriques, des outils formels et des applications empiriques de l'économétrie spatiale. Partant du principe, énoncé par la première loi de la géographie de Tobler, que la proximité géographique structure les interactions économiques de manière systématique, l'article retrace l'émergence de cette discipline depuis les travaux d'Isard jusqu'à la formalisation méthodologique d'Anselin. Il expose les propriétés distinctives de l'économétrie spatiale — dépendance spatiale, hétérogénéité spatiale, matrices de poids spatiaux — et présente les principales spécifications économétriques (spatial lag, spatial error, spatial Durbin) ainsi que les mesures d'autocorrélation spatiale (indice de Moran, indicateurs LISA). Ces outils sont illustrés par plusieurs cas de clustering économique (Silicon Valley, districts industriels européens) et de contagion spatiale du déclin économique, puis mobilisés dans une synthèse des applications empiriques portant sur la convergence régionale, les spillovers technologiques et la concurrence fiscale interjuridictionnelle. Les résultats montrent que l'intégration de la dimension spatiale modifie substantiellement les estimations économétriques et les recommandations de politique économique qui en découlent. L'économétrie spatiale s'impose ainsi comme une nécessité méthodologique pour toute analyse portant sur des données géoréférencées.

