Transferts de fonds au Liban : moteur de croissance ou piège macroéconomique ?
Keywords:
Transferts de fonds, Croissance économique, Migration, Institutions, Méthodes économétriquesAbstract
Cette nouvelle étude analyse de manière inédite le rôle des transferts de fonds et de la migration dans la dynamique de croissance au Liban entre 1990 et 2023, dans un contexte de dépendance structurelle exceptionnelle à ces flux. Malgré leur poids élevé, les résultats montrent que les transferts ne constituent ni un moteur de croissance ni un stabilisateur macroéconomique. À l’aide d’un modèle ARDL et d’un système d’équations simultanées récursives, l’analyse révèle un impact négatif significatif des transferts sur la croissance à court et à long termes. L’étude met en évidence un double mécanisme défavorable : un effet boomerang, les transferts alimentant surtout les importations sans générer de valeur ajoutée locale, et un effet de désincitation au travail, qui accentue le chômage en réduisant l’incitation à participer au marché de l’emploi. De plus, la migration n’exerce aucun effet sur la croissance, ni directement ni via les remises, ce qui confirme l’incapacité du tissu productif à transformer ces flux en gains économiques. Enfin, la gouvernance libanaise ne parvient pas à orienter ces ressources vers des usages productifs. Les remises deviennent ainsi un facteur de dépendance plutôt qu’un levier de développement, et ne pourront contribuer à la croissance qu’au prix de réformes institutionnelles, financières et de gouvernance profondes.

